Team Benin à Singapour en 2023 : Hydrogen Horizons, la préparation du robot et le retour médiatique
En 2023, la Team Benin participe au FIRST Global Challenge de Singapour, consacré à l'hydrogène. Des coulisses de l'inspection du robot à l'entraide entre équipes et au passage à la télévision nationale, voici ce que l'on sait de cette saison.
En octobre 2023, le FIRST Global Challenge pose ses valises à Singapour, cité-État d'Asie du Sud-Est réputée pour son avance technologique. Le thème de l'édition est l'hydrogène, présenté comme un vecteur d'énergie propre. La Team Benin, formée par femCoders, fait partie des 191 équipes nationales réunies pour l'occasion.
Cette édition est l'une des mieux documentées par femCoders sur ses réseaux sociaux. Les publications de l'initiative permettent de suivre plusieurs étapes vécues par l'équipe sur place : l'inspection du robot, les réglages, les premiers échanges avec les autres délégations. À son retour, l'équipe est reçue à la télévision nationale béninoise. Cet article rassemble ces éléments, en les croisant avec l'archive officielle de FIRST Global. Le classement de l'équipe n'ayant pas été retrouvé dans une source officielle vérifiable, il n'est pas mentionné.
L'édition 2023 en bref
Selon l'archive officielle de FIRST Global, le FIRST Global Challenge 2023 se déroule du 7 au 10 octobre 2023 au Singapore EXPO Centre. 191 équipes nationales y participent, et l'édition implique directement 1 800 élèves. La participation féminine atteint 37 %. Le Bénin figure dans la liste des équipes nationales participantes.
Le défi : Hydrogen Horizons
Le thème
Le thème de l'année est l'hydrogène en tant que vecteur d'énergie propre. Le jeu s'appelle « Hydrogen Horizons ».
Ce que devaient faire les robots
D'après la description de FIRST Global, les robots devaient symboliquement extraire des molécules d'eau, séparer les atomes d'hydrogène et d'oxygène, stocker l'hydrogène dans des réservoirs, puis le transporter pour l'aligner avec des accumulateurs d'oxygène. Les équipes déclenchaient ensuite des processus de conversion représentant des piles à combustible ou la combustion de l'hydrogène.
Dans les trente dernières secondes de chaque match, les six robots pouvaient se positionner ensemble sur une plateforme appelée « hydrogen hub » pour obtenir un bonus de coopération. Ce mécanisme illustre parfaitement l'esprit de la compétition : même en pleine rivalité, la collaboration rapporte des points à tous.
Pourquoi l'hydrogène ?
L'hydrogène suscite un grand intérêt dans les débats sur la transition énergétique. Lorsqu'il est utilisé dans une pile à combustible, il produit de l'électricité et ne rejette que de l'eau. Il peut aussi servir à stocker de l'énergie produite par des sources renouvelables, comme le solaire ou l'éolien, qui sont intermittentes.
Mais l'hydrogène n'est pas une source d'énergie en soi : il faut le produire. Aujourd'hui, une grande partie de l'hydrogène est encore fabriquée à partir de gaz naturel, ce qui émet du CO2. L'hydrogène dit « vert » est produit par électrolyse de l'eau à partir d'électricité renouvelable, un procédé plus propre mais encore coûteux. Le jeu de 2023, qui mettait en scène la séparation des molécules d'eau, faisait directement écho à ce procédé d'électrolyse.
Pour des élèves béninois, ce thème invitait à réfléchir aux énergies de demain dans un pays où l'ensoleillement est important et où l'accès à une électricité fiable reste un enjeu.

Dans les coulisses : ce que femCoders a raconté
Les publications de femCoders sur LinkedIn, accompagnées des hashtags #fgc2023singapore, #TeamBenin et #BeninBotOfficiel, offrent un aperçu rare des étapes vécues par une équipe sur place.
La « clinique » après le voyage
Un robot de compétition voyage dans une caisse, en soute. Les secousses du transport peuvent desserrer des vis, décaler des pièces, déconnecter des câbles. femCoders raconte qu'à l'arrivée, l'équipe a consacré une journée aux réglages et aux réajustements du robot, une étape qu'elle surnommait « le tour à la clinique ».
L'inspection, ou « l'hôpital » des robots
Avant de pouvoir jouer, chaque robot doit passer une inspection technique. femCoders décrit cette étape, qu'elle appelle aussi l'hôpital des robots : vérification des dimensions du robot, des composants utilisés, du fonctionnement des moteurs et de la batterie, et du logiciel de contrôle. L'initiative précise qu'à Singapour, le robot ne devait pas dépasser 50 cm sur 50 cm. Une fois l'inspection réussie, le robot reçoit une accréditation qui lui permet de jouer sur les différents terrains.
Cette étape, souvent invisible pour le public, est essentielle. Un robot trop grand, un composant non autorisé ou un problème de sécurité peuvent empêcher une équipe de jouer tant qu'ils ne sont pas corrigés.
Les premiers contacts et l'entraide
femCoders évoque aussi une première journée consacrée à la prise de contact avec les autres équipes et à l'entraînement, notamment au lancer de balles prévu par le jeu. L'initiative raconte un bilan technique du robot réalisé sous la supervision des membres du STEM Corps présents sur place, des mentors bénévoles de FIRST Global, et un travail d'équipe avec d'autres délégations. Elle remercie publiquement les équipes qui ont prêté main-forte à la Team Benin.
Ces récits illustrent un aspect souvent méconnu du FIRST Global Challenge : l'entraide entre pays n'est pas un slogan. Prêter une pièce, un outil ou un conseil à une autre équipe fait partie de la culture de la compétition.
La cérémonie de lancement
femCoders a aussi partagé le passage de la Team Benin lors de la cérémonie officielle de lancement, évoquant l'honneur de représenter les couleurs du pays au-delà des frontières et du continent.
Un voyage qui se prépare longtemps à l'avance
Avant même de penser à l'inspection, une équipe doit arriver à destination avec son robot. Pour une délégation béninoise, un voyage vers Singapour représente plusieurs vols, des escales et un long trajet. Les photos publiées par femCoders pour la saison 2023 montrent l'équipe en t-shirts verts, drapeau déployé, à côté d'une grande caisse en bois : celle qui protège le robot pendant le transport.
Préparer ce voyage implique de nombreuses démarches : obtention des passeports et des visas pour des mineurs, autorisations parentales, réservation des billets, assurance, emballage du robot et des pièces de rechange, respect des règles de transport aérien pour les batteries. À cela s'ajoute la recherche de financements, car ces déplacements représentent des coûts importants pour une initiative éducative. La page LinkedIn de femCoders indique d'ailleurs que l'initiative recherche des financements pour permettre aux élèves de vivre cette expérience immersive des compétitions internationales.
Pour les élèves, ce voyage est souvent une première : premier vol, première découverte de l'Asie, premier séjour loin de la famille dans un environnement international. C'est une part importante de l'apprentissage que représente le FIRST Global Challenge.
Ce que l'inspection enseigne aux élèves
L'inspection technique peut sembler une simple formalité administrative. Elle est en réalité une excellente leçon d'ingénierie. Respecter une contrainte de dimensions, comme les 50 cm sur 50 cm évoqués par femCoders, oblige à concevoir un robot compact, à anticiper la place de chaque composant et à prévoir comment les mécanismes se déploieront une fois le match commencé. Vérifier les composants apprend à travailler avec des pièces autorisées et à documenter ses choix. Contrôler le logiciel de commande rappelle que la sécurité et la fiabilité comptent autant que la performance.
Dans l'industrie, ces étapes existent aussi : les produits doivent respecter des normes, être contrôlés et certifiés avant d'être mis sur le marché. En vivant l'inspection de leur robot, les élèves découvrent une réalité du monde professionnel.
Le retour : la Team Benin à la télévision nationale
À son retour de Singapour, l'équipe est reçue sur l'ORTB, devenue depuis la SRTB, dans l'émission matinale « 5/7 Matins », selon une publication de femCoders. Les membres y partagent leur expérience. L'initiative remercie à cette occasion tous ceux qui ont soutenu le projet et rappelle que femCoders pilote cette participation axée sur les STEM. L'entretien est disponible en vidéo sur YouTube.
Ce passage à la télévision nationale a une valeur particulière. Il donne une visibilité aux élèves, fait connaître la robotique éducative auprès d'un large public, et peut susciter des vocations chez des jeunes qui découvrent, à l'écran, des lycéens comme eux capables de représenter le Bénin dans une compétition internationale.
La même année : une reconnaissance nationale
Toujours en 2023, femCoders indique sur LinkedIn avoir été sélectionnée pour les Club DSI Bénin Awards, une distinction du secteur numérique béninois. L'initiative y appelait à voter en rappelant avoir touché, selon elle, 1 500 élèves en huit ans. Cette nomination témoigne de la reconnaissance croissante de l'initiative au sein de l'écosystème numérique béninois.
Ce que cette saison nous apprend
La préparation ne s'arrête pas au départ
Les récits de Singapour montrent que la préparation continue sur place : réglages après le voyage, inspection, adaptation au terrain réel, ajustements entre les matchs. La capacité à diagnostiquer et réparer rapidement fait partie des compétences clés d'une équipe.
La coopération est concrète
Le bonus de fin de match, l'entraide entre équipes, la supervision des mentors du STEM Corps : la saison 2023 illustre la dimension collective de la compétition.
La communication compte
Documenter son parcours sur les réseaux sociaux, remercier ses soutiens, passer à la télévision à son retour : ces actions font connaître le travail des élèves et contribuent à mobiliser de futurs partenaires.
Hydrogène et robotique en classe
Le thème de 2023 peut inspirer des activités pédagogiques, sans participer à la compétition :
- Expliquer l'électrolyse avec une démonstration encadrée par un enseignant de sciences physiques, dans le respect des règles de sécurité du laboratoire.
- Comparer les sources d'énergie : fossiles, solaire, éolien, hydrogène, avec leurs avantages et leurs limites.
- Programmer un robot de tri qui transporte des objets de couleur représentant l'hydrogène et l'oxygène vers des zones différentes, pour reprendre le principe du jeu.
- Organiser un débat sur la place de l'hydrogène dans la transition énergétique en Afrique de l'Ouest.
Et après Singapour ?
Le retour d'une équipe ne marque pas la fin de la saison. Les membres de la Team Benin deviennent des ambassadeurs de la robotique dans leurs établissements, auprès de leurs camarades et des plus jeunes. Leur expérience alimente aussi la préparation de l'équipe suivante : ce qui a fonctionné, ce qui a posé problème, les conseils à transmettre sur la conception, le voyage ou l'inspection.
Pour femCoders, chaque saison est aussi l'occasion d'affiner ses méthodes d'encadrement et de consolider ses partenariats. La saison 2023 a été suivie de celles d'Athènes en 2024 et de Panama City en 2025, avant Incheon en 2026. D'une édition à l'autre, les thèmes changent, mais l'expérience accumulée par l'équipe d'encadrement se renforce.
Questions fréquentes
Où et quand s'est tenu le FIRST Global Challenge 2023 ?
Au Singapore EXPO Centre, du 7 au 10 octobre 2023, selon FIRST Global.
Quel était le thème ?
L'hydrogène comme vecteur d'énergie propre, avec le jeu « Hydrogen Horizons ».
Quelle était la taille maximale du robot ?
femCoders indique que le robot ne devait pas dépasser 50 cm sur 50 cm lors de l'inspection.
Où voir l'interview de l'équipe ?
Sur YouTube, dans l'extrait de l'émission « 5/7 Matins » partagé par femCoders.
Conclusion
La saison 2023 de la Team Benin, à Singapour, a mêlé défi technique, apprentissage de la coopération et reconnaissance médiatique. Le jeu « Hydrogen Horizons » invitait les équipes à mettre en scène la production et l'utilisation de l'hydrogène. Les récits de femCoders, de la « clinique » à l'inspection, montrent la réalité du travail d'une équipe sur place. Et le passage à la télévision nationale au retour a permis de partager cette expérience avec tout le pays.
Retrouvez la saison 2023 et les autres éditions sur la page FIRST Global du site.
