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Team Benin à Washington en 2017 : la première participation et son résultat

En juillet 2017, sept lycéens béninois participent à la toute première édition du FIRST Global Challenge, à Washington. Ils terminent septièmes sur 163 équipes, seule équipe africaine du top 10. Retour sur cette première participation et sur ce qu'elle a changé.

femCoders · Cotonou, Bénin · Article 15 sur 30

Juillet 2017, Washington, capitale des États-Unis. Dans la salle du Constitution Hall, des lycéens venus de 157 pays présentent les robots qu'ils ont construits pour une compétition inédite : la première édition du FIRST Global Challenge. Parmi eux, une petite équipe venue du Bénin. Quelques jours plus tard, elle termine septième sur 163 équipes. C'est la seule équipe africaine à se hisser dans le top 10.

Ce résultat est devenu le point de départ d'une histoire bien plus longue : celle de la Team Benin au FIRST Global Challenge, et d'un programme de formation qui a touché des centaines d'élèves, en particulier des filles. Cet article revient sur cette première participation, en s'appuyant sur les archives officielles de FIRST Global et sur les récits publiés par les partenaires de l'équipe.

Une compétition qui naît

Le FIRST Global Challenge est créé à l'initiative de Dean Kamen, inventeur américain et cofondateur du réseau de compétitions de robotique FIRST. L'idée : organiser une compétition de robotique de style olympique où chaque pays serait représenté par une équipe nationale de lycéens, afin d'encourager l'éducation aux sciences et à la technologie dans le monde entier, et en particulier dans les pays où elle est moins accessible.

Selon l'archive officielle de FIRST Global, la première édition se tient du 16 au 18 juillet 2017, au Constitution Hall de Washington. Elle réunit 163 équipes représentant 157 pays, et implique directement 980 élèves. La participation féminine atteint 26 %. FIRST Global souligne aussi que 60 % des équipes ont été fondées ou organisées par des femmes, et que 15 équipes étaient majoritairement ou entièrement féminines. Des équipes représentant des continents, dont une équipe Afrique, participent également.

L'édition fait l'objet d'une large couverture médiatique internationale, notamment autour de l'équipe de filles d'Afghanistan, dont les visas avaient d'abord été refusés avant qu'elles puissent finalement participer.

Le défi : l'accès à l'eau potable

Chaque édition du FIRST Global Challenge s'articule autour d'un grand défi pour l'humanité. En 2017, le thème est l'accès à l'eau potable. Le jeu s'appelle « H2O Flow ».

D'après la description de FIRST Global, les robots devaient symboliquement purifier de l'eau contaminée pour deux villages et se préparer à une inondation en cherchant à atteindre des zones plus élevées. Concrètement, les robots manipulaient des balles de couleur représentant l'eau propre et les impuretés, qu'il fallait trier et diriger vers les bonnes zones du terrain.

Ce choix de thème n'avait rien d'anodin. L'accès à l'eau potable reste un enjeu majeur dans de nombreux pays, y compris en Afrique de l'Ouest. Pour les lycéens, travailler sur ce défi, même de façon symbolique, permettait de relier la robotique à une préoccupation très concrète.

Des membres de la Team Benin en polo bleu échangent avec des visiteurs autour de leur robot métallique posé sur une table, devant une bannière aux couleurs du Bénin
Washington, 2017 : la Team Benin présente son robot lors de la première édition du FIRST Global Challenge.

Une équipe constituée dans l'urgence, sans filles

La Team Benin 2017 est encadrée par Rachael Orumor, ingénieure logiciel et fondatrice de femCoders, initiative lancée en 2015 pour intéresser les filles et les femmes au numérique. Selon le portrait publié par FIRST Global, Rachael voit dans cette sélection comme mentor une occasion de faire avancer sa mission.

Mais un obstacle apparaît rapidement. Malgré ses efforts, elle ne parvient à recruter aucune fille pour l'équipe nationale. Elle n'arrive pas à susciter leur intérêt pour la technologie. L'équipe qui part à Washington est donc composée de sept garçons.

Ce constat, loin d'être anecdotique, en dit long sur la situation des filles face aux sciences et à la technologie. Même face à une opportunité exceptionnelle, un voyage aux États-Unis et une compétition internationale, les filles ne se sont pas présentées. Pour Rachael, la conclusion s'impose : il faut aller les chercher beaucoup plus tôt, et leur montrer concrètement ce que la technologie permet de faire.

Un accompagnement à distance depuis San Diego

La préparation de l'équipe bénéficie d'un appui original. L'équipe américaine Team Inspiration, une équipe de robotique de la compétition FIRST Tech Challenge basée à San Diego, en Californie, et identifiée par le numéro FTC #11128, est invitée à mentorer la Team Benin pour la première année du FIRST Global Challenge.

Selon la page que Team Inspiration consacre à son engagement avec FIRST Global, ce mentorat se fait à travers des appels vidéo hebdomadaires et des discussions en ligne, au cours desquels les membres de Team Inspiration transmettent leurs connaissances en robotique à l'équipe béninoise. Ce type de collaboration à distance, entre des lycéens de continents différents, préfigure l'esprit de coopération que le FIRST Global Challenge veut promouvoir.

Le résultat : septième sur 163

Au terme de la compétition, la Team Benin se classe septième sur 163 équipes, selon le portrait de Rachael Orumor publié par FIRST Global. C'est la seule équipe d'Afrique à figurer dans le top 10.

Pour une première participation, avec une équipe réunie et préparée en quelques mois, c'est un résultat remarquable. Il place le Bénin parmi les nations les plus performantes de cette édition inaugurale et montre que les lycéens béninois peuvent rivaliser avec les meilleurs, à condition de disposer des outils, de l'accompagnement et de la confiance nécessaires.

Team Inspiration, de son côté, résume le résultat sur sa page d'activités : le Bénin s'est classé premier parmi les équipes africaines et septième au monde.

Deux membres de la Team Benin 2017 en polo bleu tiennent le drapeau béninois devant un écran lumineux portant le logo FIRST Global
La fierté de porter le drapeau du Bénin à Washington.

Le contexte de 2017 pour la robotique au Bénin

Pour mesurer la portée de ce résultat, il faut se souvenir du contexte. En 2017, la robotique éducative reste très peu répandue dans les établissements béninois. Le matériel est rare, souvent importé, et les enseignants formés à ces technologies sont peu nombreux. femCoders, créée deux ans plus tôt, mène surtout des actions de sensibilisation et d'initiation au numérique auprès des femmes et des jeunes : programmation, jeux en Blockly et Scratch, impression 3D, création de sites web.

Préparer une équipe pour une compétition internationale de robotique dans ces conditions relève du défi. Il faut recevoir et découvrir le kit de pièces fourni par l'organisateur, comprendre les règles du jeu, apprendre à construire un robot de compétition bien plus grand et plus complexe qu'un robot éducatif, le programmer, le tester, puis organiser un voyage vers les États-Unis avec le robot dans les bagages. L'accompagnement à distance de Team Inspiration prend ici tout son sens : il permet à l'équipe béninoise de bénéficier de l'expérience d'une équipe rompue aux compétitions FIRST.

Une édition sous le regard du monde

La première édition du FIRST Global Challenge a bénéficié d'une attention médiatique internationale importante. L'idée d'une « olympiade de la robotique » réunissant des lycéens de presque tous les pays du monde était nouvelle. Les médias ont notamment suivi le parcours de l'équipe féminine d'Afghanistan, dont les visas avaient d'abord été refusés avant d'être finalement accordés. Cette histoire a mis en lumière, dès la première édition, la question de la place des filles dans la robotique et les obstacles qu'elles peuvent rencontrer.

Pour la Team Benin, se classer dans le top 10 lors d'une édition aussi observée offrait une visibilité rare. Le résultat a pu être cité dans les échanges avec les partenaires, les médias et les institutions, et il continue de l'être : près de dix ans plus tard, il figure encore en bonne place dans les présentations de femCoders et dans la presse béninoise.

Ce que 2017 a changé

La naissance du GFRTP

Le résultat de Washington n'est pas resté une simple ligne dans un palmarès. Selon Team Inspiration, l'équipe et ses partenaires ont utilisé ce succès pour convaincre l'Ambassade des États-Unis au Bénin de soutenir l'équipe et de contribuer à financer des enseignants pour dispenser des cours de robotique et de STEM dans le pays.

FIRST Global précise qu'avec l'appui de Team Inspiration, femCoders obtient une subvention de l'Ambassade des États-Unis à Cotonou pour créer le Girls-Focused Robotics Training Programme, ou GFRTP. Le programme de six semaines forme les élèves au montage d'un robot mBot, à la programmation avec mBlock, à l'anglais et aux compétences transversales. Sur 380 élèves formés au départ, 280 sont des filles.

Le document de présentation du GFRTP publié par femCoders en 2018 le dit clairement : le projet a été conçu à la suite de la participation du Bénin au FIRST Global Challenge de juillet 2017. Pour sa fondatrice, cette compétition avait été une occasion exceptionnelle pour la jeunesse béninoise de démontrer son talent, et il fallait permettre à davantage de jeunes d'en bénéficier.

Des filles dans l'équipe dès 2018

L'effet est rapide. Selon FIRST Global, certaines des jeunes femmes formées dans le GFRTP rejoignent la Team Benin pour le FIRST Global Challenge 2018, organisé à Mexico. Un an après n'avoir trouvé aucune candidate, femCoders envoie des filles représenter le pays sur la scène internationale.

Un partenariat durable avec San Diego

La collaboration avec Team Inspiration se prolonge au-delà de 2017. L'équipe américaine, associée à une autre équipe de San Diego, Team Spyder, continue de mentorer la Team Benin, fait des dons de kits robotiques aux écoles béninoises et co-organise en 2019 le premier concours national de robotique du Bénin avec femCoders et l'Ambassade des États-Unis, selon ses propres pages d'activités.

Une reconnaissance pour la fondatrice

Le parcours de 2017 contribue aussi à faire connaître Rachael Orumor au-delà du Bénin. En 2021, FIRST Global lui consacre un portrait dans sa série d'histoires inspirantes, intitulé « Rachael – The Mentor Empowering Youth in Benin ». Le rapport GISWatch sur le Bénin mentionne également ce parcours, en rappelant qu'après son mentorat de l'équipe à Washington, elle a obtenu une subvention de l'Ambassade des États-Unis pour mettre en œuvre un programme de formation en robotique centré sur les filles.

Les leçons de cette première participation

Le talent était là

Le premier enseignement de 2017 est simple : les lycéens béninois ont les capacités de rivaliser avec les meilleures équipes du monde. Ce qui leur manque le plus souvent, ce sont les occasions, le matériel et l'accompagnement.

Les filles ne viennent pas seules

Le second enseignement est plus inconfortable : même face à une opportunité exceptionnelle, les filles ne se présentaient pas. La réponse n'était pas de se contenter d'une équipe masculine, mais de construire un vivier de filles formées et confiantes.

Un résultat peut devenir un levier

Enfin, 2017 montre qu'une performance visible sur la scène internationale peut se transformer en ressources concrètes pour former des jeunes au pays. Le classement de Washington a directement ouvert la voie au financement du GFRTP.

Un mot sur les chiffres

Les sources ne donnent pas toutes exactement le même nombre d'équipes ou de pays pour 2017. L'archive officielle de FIRST Global mentionne 163 équipes représentant 157 pays, et c'est ce chiffre de 163 équipes que retient le portrait de FIRST Global pour situer le classement de la Team Benin. Un article publié par femCoders en 2018 parlait de 162 pays participants. Dans cet article, nous retenons les chiffres de FIRST Global, organisateur de la compétition.

Questions fréquentes

Quel était le classement exact de la Team Benin en 2017 ?

Septième sur 163 équipes, et seule équipe africaine du top 10, selon FIRST Global.

Combien de membres comptait l'équipe ?

Sept garçons, selon le portrait de Rachael Orumor publié par FIRST Global.

Qui encadrait l'équipe ?

Rachael Orumor, fondatrice de femCoders, avec l'appui à distance de l'équipe américaine Team Inspiration.

Conclusion

La première participation de la Team Benin au FIRST Global Challenge, en juillet 2017 à Washington, reste un moment fondateur. Avec une équipe de sept lycéens encadrés par Rachael Orumor et accompagnés à distance par Team Inspiration, le Bénin se classe septième sur 163 équipes, seule équipe africaine du top 10. Surtout, ce résultat a ouvert la voie au Girls-Focused Robotics Training Programme et à l'intégration de filles dans l'équipe dès 2018.

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