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FIRST Global Challenge : comprendre cette compétition internationale de robotique et la place de Team Benin

Chaque année, plus de 190 pays envoient une équipe de lycéens au FIRST Global Challenge. Comment fonctionne cette compétition de robotique, pourquoi parle-t-on de coopération autant que de victoire, et quelle place y occupe la Team Benin depuis 2017 ?

femCoders · Cotonou, Bénin · Article 11 sur 30

Chaque automne, des lycéens venus de plus de 190 pays se retrouvent dans une grande salle, drapeaux en main, autour de terrains de jeu où évoluent des robots qu'ils ont eux-mêmes conçus, construits et programmés. Cet événement, c'est le FIRST Global Challenge. On le surnomme souvent les « Jeux olympiques de la robotique ». Depuis la première édition en 2017, le Bénin y est représenté par une équipe nationale formée et encadrée par femCoders.

Cet article explique ce qu'est le FIRST Global Challenge, qui l'organise, comment se déroule la compétition, ce qui la distingue d'autres tournois de robotique, et quelle place la Team Benin y occupe. Les informations proviennent des pages officielles de FIRST Global et des documents de femCoders.

Qui organise le FIRST Global Challenge ?

Le FIRST Global Challenge est organisé par FIRST Global, nom commercial de l'International First Committee Association, une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis. Elle a été fondée par l'inventeur américain Dean Kamen, cofondateur de FIRST, un vaste réseau de compétitions de robotique pour les jeunes créé à la fin des années 1980.

La mission affichée de FIRST Global est d'inspirer l'éducation aux sciences, à la technologie, à l'ingénierie et aux mathématiques dans le monde entier, et en particulier dans les pays où l'accès à ce type d'éducation reste limité. Là où les compétitions FIRST traditionnelles réunissent des équipes d'écoles ou de clubs, le FIRST Global Challenge réunit des équipes nationales : un pays, une équipe.

Le principe : un pays, une équipe

Chaque pays participant est représenté par une équipe de lycéens, généralement âgés de 14 à 18 ans, accompagnés de mentors. Les équipes reçoivent un kit de pièces standardisé, identique pour tous, à partir duquel elles doivent construire leur robot. Ce choix garantit une certaine égalité entre les pays, quels que soient leurs moyens.

Les chiffres donnent une idée de l'ampleur de l'événement. Selon les archives de FIRST Global, l'édition 2017 réunissait 163 équipes représentant 157 pays. En 2025, à Panama City, elles étaient 192 équipes représentant 191 pays, dont une équipe de réfugiés. Pour 2026, FIRST Global annonce plus de 190 équipes nationales à Incheon, en République de Corée.

Un thème mondial chaque année

Chaque édition s'articule autour d'un grand défi pour l'humanité. Le jeu joué par les robots en est une représentation symbolique. Voici les thèmes des dernières éditions, d'après les archives officielles :

  • 2017, Washington : l'accès à l'eau potable, avec le jeu « H2O Flow ».
  • 2018, Mexico : la construction d'un réseau électrique durable, avec le jeu « Energy Impact ».
  • 2019, Dubaï : la préservation des océans, avec le jeu « Ocean Opportunities ».
  • 2022, Genève : la capture et le stockage du carbone, avec le jeu « Carbon Capture ».
  • 2023, Singapour : l'hydrogène comme vecteur d'énergie propre, avec le jeu « Hydrogen Horizons ».
  • 2024, Athènes : les systèmes alimentaires durables, avec « Feeding the Future ».
  • 2025, Panama City : la biodiversité, avec « Eco Equilibrium ».
  • 2026, Incheon : les feux de forêt, avec le thème « Igniting Innovation ».

Les éditions 2020 et 2021 se sont déroulées dans des formats adaptés au contexte de la pandémie.

Écran géant affichant un classement de tournoi FIRST Global avec les drapeaux et les points de plusieurs pays
Un écran de classement lors du FIRST Global Challenge 2017 à Washington.

Comment se déroule un match ?

Les règles changent chaque année avec le thème, mais certains principes restent. Les matchs sont courts, de l'ordre de deux minutes et demie. Les robots doivent accomplir des tâches qui rapportent des points : collecter des objets, les déposer dans des zones précises, grimper sur une structure, activer un mécanisme.

La particularité du FIRST Global Challenge, c'est la façon dont les équipes sont réparties. Dans les éditions récentes, chaque match commence avec une alliance mondiale de six pays qui travaillent ensemble vers un objectif commun, puis se divise en deux alliances régionales de trois pays. En 2025, par exemple, six équipes nationales coopéraient au sein d'une alliance mondiale pour restaurer une planète en bonne santé en retirant des obstacles et en maximisant la biodiversité dans trois écosystèmes, selon FIRST Global.

Les alliances sont tirées au sort et changent à chaque match. Une équipe peut donc jouer avec un pays lors d'un match et contre lui au match suivant. Ce système oblige les équipes à communiquer, à coordonner leurs stratégies et à s'entraider, souvent dans une langue qui n'est pas la leur.

Coopérer autant que gagner

FIRST Global met en avant des valeurs héritées du réseau FIRST, notamment la « coopertition », mot-valise associant coopération et compétition, et le « professionnalisme bienveillant », qui consiste à rivaliser avec intensité tout en respectant et en aidant ses adversaires. En 2023, à Singapour, le jeu « Hydrogen Horizons » accordait par exemple un bonus de coopération lorsque les six robots se positionnaient ensemble sur une plateforme dans les trente dernières secondes.

Dans la pratique, il est courant qu'une équipe prête une pièce, un outil ou un conseil à une autre. Les récits de la Team Benin sur les réseaux sociaux de femCoders évoquent régulièrement cette entraide, par exemple lors de l'édition 2023 à Singapour, où l'équipe remerciait les autres délégations qui l'avaient aidée.

Plus qu'un match : le défi d'innovation

Depuis 2021, le FIRST Global Challenge comprend aussi la New Technology Experience, ou NTE. Il s'agit d'un défi d'innovation lié au thème de l'année. Les équipes sont invitées à étudier une technologie émergente et à imaginer des solutions concrètes pour leur pays.

Pour 2026, FIRST Global explique que les équipes doivent rechercher et développer leurs propres solutions pour détecter, combattre et prévenir les feux de forêt. En 2025, la Team Benin indiquait sur sa page officielle qu'elle travaillait sur des idées de technologies pour explorer, comprendre et protéger la biodiversité au Bénin.

Ce volet valorise des compétences différentes de celles du match : recherche documentaire, analyse d'un problème local, créativité, présentation orale et écrite.

Les autres dimensions de l'événement

Le FIRST Global Challenge n'est pas seulement un tournoi. C'est aussi une rencontre culturelle : cérémonie d'ouverture avec défilé des délégations, échanges entre équipes, stands aux couleurs de chaque pays, défis culturels en ligne avant la compétition. En 2026, par exemple, la Team Benin a participé au défi #MyCountryIsBestAt en partageant, sur ses réseaux, une contribution musicale d'une de ses membres pour célébrer le patrimoine béninois.

Des prix récompensent aussi des aspects variés : conception technique, documentation du parcours de l'équipe, esprit de coopération, engagement des soutiens. Selon l'archive 2017, par exemple, le Mali a reçu une médaille d'argent pour la conception technique et le Nigeria une médaille d'or pour la documentation de son parcours international.

La place du Bénin

Une présence depuis la première édition

La page officielle de la Team Benin 2026 sur le site de FIRST Global indique que l'équipe participe au FIRST Global Challenge depuis 2017. Elle précise que l'équipe est formée et encadrée par la FemCoders Initiative, un programme de l'ONG Rachael Orumor, qui a initié plus de 1 500 jeunes à la robotique et aux STEM à travers le Bénin.

Un départ remarqué en 2017

Pour la toute première édition, à Washington, l'équipe béninoise a obtenu un résultat marquant. Selon FIRST Global, elle s'est classée septième sur 163 équipes et a été la seule équipe africaine à figurer dans le top 10. Ce résultat a servi de tremplin : il a notamment contribué à obtenir le soutien de l'Ambassade des États-Unis pour lancer le Girls-Focused Robotics Training Programme.

Des éditions dans le monde entier

D'après les documents de femCoders et les archives de FIRST Global, la Team Benin a ensuite participé aux éditions de Mexico (2018), Dubaï (2019), Genève (2022), Singapour (2023), Athènes (2024) et Panama City (2025). En 2026, elle se prépare pour Incheon, en République de Corée, du 7 au 10 octobre.

Trois jeunes de la Team Benin déploient un grand drapeau du Bénin devant l'enseigne d'un hôtel à Panama City
La Team Benin à Panama City pour le FIRST Global Challenge 2025.

De plus en plus de filles

En 2017, femCoders n'était pas parvenue à recruter de filles pour l'équipe nationale, selon FIRST Global. Dès 2018, des participantes du GFRTP ont rejoint la Team Benin à Mexico. Cette évolution rejoint une tendance globale de la compétition : la participation féminine est passée de 26 % en 2017 à 41 % en 2025, selon les archives officielles.

Ce que la compétition apporte aux pays participants

Au-delà des quatre jours de compétition, FIRST Global met en avant un objectif de long terme : stimuler l'éducation STEM dans chaque pays participant. Les archives publiées chaque année mettent en avant des indicateurs comme le nombre d'élèves directement impliqués et la part de participation féminine. En 2025, par exemple, l'organisation revendiquait plus de 12 500 jeunes touchés dans le monde et 74 solutions développées dans le cadre du défi d'innovation sur les écosystèmes durables.

Pour un pays comme le Bénin, l'effet se mesure aussi localement. L'expérience de 2017 a directement conduit à la création d'un programme de formation pour les filles, le GFRTP, financé par l'Ambassade des États-Unis. Les anciens membres de la Team Benin deviennent souvent mentors ou formateurs. Et chaque participation attire l'attention des médias et des établissements sur la robotique éducative.

FIRST Global propose aussi des ressources au-delà de la compétition : guides de construction des robots, ressources pédagogiques liées aux thèmes de chaque année, et un réseau de mentors bénévoles, le Global STEM Corps, qui accompagne des équipes de pays en développement. Des équipes de San Diego, Team Inspiration et Team Spyder, ont par exemple accompagné la Team Benin à distance depuis 2017, selon leurs propres pages d'activités.

Comment l'équipe se prépare

La préparation d'une saison s'étend sur plusieurs mois. Selon la page officielle 2026, les membres développent des compétences en ingénierie du robot, en programmation, en travail d'équipe et en résolution de problèmes. Concrètement, cela implique :

  • l'étude des règles du jeu dès leur publication ;
  • la réflexion stratégique : quelles tâches privilégier, quel type de robot concevoir ;
  • la construction et les tests successifs du robot à partir du kit standardisé ;
  • la programmation, notamment de la phase autonome et du pilotage ;
  • la préparation du défi d'innovation NTE ;
  • la communication : réseaux sociaux, défis culturels, recherche de soutiens ;
  • la logistique : documents de voyage, transport du robot, financement.

Sur place, chaque robot passe une inspection technique avant d'être autorisé à jouer. En 2023, femCoders décrivait sur LinkedIn cette étape, parfois appelée « l'hôpital » ou « la clinique » des robots, avec la vérification des dimensions, des composants, des moteurs, de la batterie et du logiciel de contrôle.

Pourquoi c'est important pour les jeunes Béninois

Représenter son pays face à plus de 190 nations est une expérience rare pour des lycéens. Elle développe des compétences techniques, mais aussi la confiance, l'autonomie, la maîtrise de l'anglais, l'ouverture interculturelle et le goût du travail en équipe. Elle crée aussi des modèles pour les plus jeunes : chaque membre de la Team Benin devient, à son retour, un ambassadeur de la robotique dans son établissement et sa communauté. La page officielle 2026 souligne d'ailleurs que les membres de l'équipe souhaitent promouvoir l'éducation à la robotique auprès des plus jeunes.

Questions fréquentes

Comment un pays est-il sélectionné ?

Chaque pays peut être représenté par une équipe nationale. Les modalités de constitution des équipes varient selon les pays. Pour le Bénin, l'équipe est formée par femCoders.

Les robots sont-ils fournis ?

Les équipes reçoivent un kit de pièces standardisé et construisent leur propre robot à partir de ce kit.

Peut-on suivre la compétition en direct ?

FIRST Global diffuse généralement des contenus en direct pendant l'événement. Les résultats sont publiés sur son site officiel de résultats, et la Team Benin partage son parcours sur ses réseaux sociaux.

Conclusion

Le FIRST Global Challenge est bien plus qu'un tournoi de robots. C'est une compétition internationale de lycéens organisée autour de grands défis mondiaux, fondée sur la coopération autant que sur la performance, et enrichie d'un défi d'innovation et d'une dimension culturelle forte. Le Bénin y participe depuis la première édition, avec une équipe formée par femCoders, qui a marqué les esprits dès 2017 et s'est progressivement ouverte aux filles.

Pour suivre la Team Benin, découvrir chaque édition et soutenir la préparation de l'équipe, rendez-vous sur la page FIRST Global du site.