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GFRTP : bilan du programme de formation à la robotique orienté vers les filles

Lancé après le FIRST Global Challenge 2017, le Girls-Focused Robotics Training Programme a formé des centaines d'élèves au Bénin, en majorité des filles. Voici son origine, son contenu, ses partenaires et ses résultats, avec une lecture attentive des chiffres disponibles.

femCoders · Cotonou, Bénin · Article 28 sur 30

Le Girls-Focused Robotics Training Programme, ou GFRTP, est le programme phare de femCoders. Conçu au lendemain de la première participation du Bénin au FIRST Global Challenge en 2017, il a pour objectif de former les élèves des collèges et lycées à la robotique, à la programmation et à l'anglais, en donnant la priorité aux filles.

Cet article en dresse un bilan à partir des sources disponibles : les publications de femCoders, le portrait de sa fondatrice publié par FIRST Global, le rapport GISWatch sur le Bénin, les pages de ses partenaires américains et le catalogue de partenariat de l'initiative. Un point mérite une attention particulière : les chiffres publiés au fil des années ne portent pas tous sur la même période ni sur le même périmètre. Nous les présentons donc séparément, en précisant à chaque fois ce qu'ils mesurent.

L'origine : un constat en 2017

En 2017, Rachael Orumor, ingénieure logiciel et fondatrice de femCoders, est choisie comme mentor de la première équipe béninoise au FIRST Global Challenge, à Washington. Selon FIRST Global, elle ne parvient à recruter aucune fille pour l'équipe, faute de susciter leur intérêt pour la technologie. L'équipe de sept garçons se classe néanmoins septième sur 163 équipes, seule équipe africaine du top 10.

Le document de présentation du GFRTP publié par femCoders en 2018 l'indique clairement : le projet a été conçu à la suite de cette participation. Pour sa fondatrice, la compétition avait été l'occasion pour la jeunesse béninoise de démontrer son talent, et il fallait permettre à davantage de jeunes, et en particulier aux filles, de s'approcher de la technologie et de se l'approprier.

Le financement et les partenaires

Selon FIRST Global, femCoders obtient, avec l'appui de l'équipe américaine Team Inspiration (FTC #11128), une subvention de l'Ambassade des États-Unis à Cotonou pour créer le programme. Team Inspiration indique de son côté que le succès de la Team Benin en 2017 a été utilisé pour convaincre l'Ambassade de soutenir l'équipe et de financer des enseignants chargés de dispenser des cours de robotique et de STEM dans le pays.

Le catalogue de partenariat de femCoders cite comme soutiens du programme l'Ambassade des États-Unis au Bénin, Inspiration Team et Team Spyder, deux équipes de robotique de San Diego, en Californie. Les kakémonos du programme visibles sur les photos portent d'ailleurs les logos de femCoders, de l'Ambassade des États-Unis à Cotonou et d'Inspiration Team, ainsi que les hashtags #femCoders15, #EducToutesFilles et #USinBenin.

Le contenu du programme

Deux volets complémentaires

Selon femCoders, le programme se divise en deux volets : une formation en robotique et une formation en anglais. Le volet anglais est axé sur l'expression orale, pour compléter l'apprentissage reçu en cours.

Six semaines de pratique

FIRST Global décrit un programme de six semaines au cours duquel les élèves apprennent à assembler un robot mBot et à le programmer avec le logiciel mBlock, tout en développant leur anglais et d'autres compétences transversales. Les élèves repartent avec un manuel de formation en science robotique, visible sur de nombreuses photos de remise.

Un public prioritaire

La formation est prioritairement offerte aux filles des collèges et lycées du Bénin, selon femCoders. Les garçons n'en sont pas exclus : lors de la session organisée au Lycée Technique Coulibaly de Cotonou, en mars 2018, femCoders rapporte avoir formé une cinquantaine de filles et une vingtaine de garçons.

Une dizaine de lycéennes en uniforme beige montrent leur manuel de formation en science robotique devant une bannière du Girls-Focused Robotics Training Programme
Remise des manuels de formation à des participantes du GFRTP.

Les chiffres, période par période

Les données publiées sur le GFRTP proviennent de sources et de dates différentes. Les voici, avec leur périmètre.

Première phase : environ 380 à 400 élèves

  • FIRST Global (2021) indique que 380 élèves ont été formés au départ, dont 280 filles, soit près de trois sur quatre.
  • Le rapport GISWatch évoque, pour le premier programme de formation, environ 400 élèves, pour la plupart des filles, issus de six établissements de Cotonou.

Ces deux chiffres décrivent vraisemblablement la même phase initiale, avec un arrondi différent. Nous retenons la formulation de FIRST Global, plus précise.

Une session documentée : le Lycée Technique Coulibaly

  • femCoders (2018) rapporte que, après près de cinq mois de formation dans des collèges et lycées de Cotonou, la session du Lycée Technique Coulibaly a été lancée le 23 mars 2018, en présence de la direction de l'établissement, pour six semaines, avec une cinquantaine de filles et une vingtaine de garçons.

Une extension à d'autres écoles

  • Team Inspiration indique que femCoders a étendu ses formations STEM à sept écoles supplémentaires, dans le cadre du soutien apporté par les équipes de San Diego, qui ont aussi donné des kits robotiques aux écoles béninoises.

Le périmètre actuel : Cotonou et Parakou

  • Le catalogue de partenariat 2026 de femCoders mentionne plus de 700 élèves des CEG de Cotonou et de Parakou, dont 70 % de jeunes filles, et des formations en science robotique, en programmation et en anglais dans six CEG et lycées de Cotonou et six CEG de Parakou.

À l'échelle de toute l'initiative

  • La page officielle de la Team Benin 2026 sur le site de FIRST Global indique que la FemCoders Initiative a initié plus de 1 500 jeunes à la robotique et aux STEM à travers le Bénin. Ce chiffre porte sur l'ensemble des actions de l'initiative, pas seulement sur le GFRTP.

Comment lire ces chiffres

Le chiffre de 380 correspond à la première phase ; celui de plus de 700 au périmètre des CEG de Cotonou et de Parakou décrit dans le catalogue 2026 ; celui de plus de 1 500 à l'ensemble de l'initiative. Ils ne se contredisent pas : ils mesurent des choses différentes. Pour un partenaire ou un journaliste, il est important de citer chacun avec son périmètre.

Les résultats observés

Un changement de projection

Le résultat le plus parlant rapporté par FIRST Global est le suivant : après leur participation, plus de 50 % des élèves du programme envisageaient une profession liée aux STEM. Ce type d'indicateur, fondé sur les intentions déclarées, ne dit pas ce que les élèves feront réellement, mais il montre un changement de regard sur les sciences et la technologie.

Des filles dans la Team Benin dès 2018

Selon FIRST Global, certaines jeunes femmes formées dans le GFRTP ont rejoint la Team Benin pour le FIRST Global Challenge 2018, à Mexico. Un an après n'avoir trouvé aucune candidate, femCoders envoyait des filles représenter le pays à l'international. C'est sans doute le résultat le plus symbolique du programme.

Des formatrices dans les communautés

Toujours selon FIRST Global, certaines participantes sont devenues formatrices en robotique dans leur communauté. Ce modèle de transmission prolonge l'impact du programme au-delà des élèves directement formés.

Une reconnaissance extérieure

Le rapport GISWatch sur le Bénin présente femCoders comme une initiative primée, dirigée par une femme, qui organise des programmes gratuits après l'école pour exposer les filles aux technologies numériques, et qui forme des centaines de jeunes, majoritairement des filles, à l'assemblage et à la programmation de robots.

Deux jeunes femmes en t-shirt jaune posent à côté du kakémono du GFRTP portant les logos de femCoders, de l'Ambassade des États-Unis et d'Inspiration Team
Le kakémono du GFRTP et ses partenaires.

Une journée type de formation GFRTP

Les documents disponibles ne décrivent pas une séance minute par minute. Mais les photos et les publications de femCoders permettent de reconstituer les grandes étapes d'une session dans un établissement.

Tout commence souvent par une cérémonie de lancement en présence de la direction de l'établissement, comme au Lycée Technique Coulibaly en mars 2018, où la fondatrice de femCoders a félicité les filles de l'établissement, majoritaires dans les filières STIM, et les a encouragées à exceller. Viennent ensuite des sessions de sensibilisation en classe, puis des ateliers pratiques où les élèves découvrent le robot, en identifient les pièces à l'aide du manuel, l'assemblent et le programment. Le volet anglais, axé sur l'expression orale, accompagne ces ateliers.

En fin de parcours, les élèves reçoivent leur manuel et une attestation. Certaines sessions se prolongent par des expositions où les élèves présentent leurs robots au public ; femCoders indique en avoir organisé plus de dix à Cotonou et à Parakou.

Ce qui a fonctionné

À partir des sources disponibles, plusieurs facteurs de réussite ressortent :

  • La pratique : chaque élève monte et programme un vrai robot, plutôt que d'écouter une présentation.
  • La durée : six semaines, assez pour acquérir des bases solides, assez court pour rester mobilisant.
  • Le ciblage : la priorité donnée aux filles garantit qu'elles tiennent réellement le matériel.
  • L'association à l'anglais : une compétence directement utile pour la suite.
  • Le lien avec la compétition : la Team Benin offre un horizon concret aux élèves les plus motivées.
  • Les partenariats : l'Ambassade des États-Unis pour le financement, les équipes de San Diego pour le mentorat et le matériel.

Les défis et les limites

Un bilan honnête doit aussi signaler les limites et les questions ouvertes.

  • La continuité du financement : un programme financé par subvention dépend du renouvellement de ce soutien. femCoders indique sur LinkedIn avoir travaillé dans des conditions difficiles et malgré d'importantes contraintes financières.
  • Le suivi dans la durée : les données disponibles portent surtout sur les intentions à la fin du programme. Un suivi des parcours des anciennes participantes sur plusieurs années permettrait de mesurer l'impact réel sur l'orientation.
  • La consolidation des données : les chiffres publiés proviennent de sources et de périodes différentes. Un tableau de bord consolidé par cohorte, par établissement et par année renforcerait la lisibilité du programme pour les partenaires.
  • Le matériel : l'entretien et le renouvellement des kits sont des coûts récurrents.

Et maintenant ?

Le GFRTP a posé les bases d'un modèle qui se prolonge aujourd'hui dans d'autres actions de femCoders, notamment l'initiative 10for250, qui forme les volontaires de dix ONG pour qu'elles enseignent les STEM et la robotique à 25 filles chacune. La logique reste la même : donner aux filles l'occasion de pratiquer, et former des relais pour toucher davantage de jeunes.

Pour les partenaires qui souhaitent soutenir de nouvelles cohortes, le programme offre une base éprouvée, des résultats documentés et une équipe expérimentée.

Questions fréquentes

Le GFRTP est-il gratuit pour les élèves ?

Le programme a été financé par des partenaires, notamment l'Ambassade des États-Unis, et proposé dans des établissements partenaires. Contactez femCoders pour connaître les modalités actuellement proposées.

Les garçons peuvent-ils participer ?

Oui. La formation est prioritairement destinée aux filles, mais des garçons y ont participé, comme au Lycée Technique Coulibaly en 2018.

Combien d'élèves ont été formés ?

Cela dépend du périmètre : 380 lors de la première phase selon FIRST Global, plus de 700 dans les CEG de Cotonou et de Parakou selon le catalogue 2026 de femCoders, et plus de 1 500 jeunes pour l'ensemble de l'initiative selon FIRST Global.

Comment accueillir le programme dans son établissement ?

En contactant femCoders pour étudier la faisabilité, le calendrier et le financement.

Conclusion

Né d'un constat, l'absence de filles dans la première Team Benin, le Girls-Focused Robotics Training Programme a formé des centaines d'élèves au Bénin, en majorité des filles, à la robotique, à la programmation et à l'anglais. Ses résultats documentés sont encourageants : plus de la moitié des participants envisageant un métier STEM, des filles dans l'équipe nationale dès 2018, des participantes devenues formatrices. Pour aller plus loin, le programme gagnerait à consolider ses données par cohorte et à suivre les parcours de ses anciennes participantes.

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